Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Profil

Catégories

Rechercher

Recommander

Lundi 30 mars 2009

Durant ma L2 de psychologie, on m'a parlé brièvement d'une expérience réalisée dans une prison qui a due être avortée. Le 28 Mars 2009, j'ai enfin vu le film ''L'expérience'' de Oliver Hirschbiegel. Ce film est une adaptation du livre "The Experiment - Black Box" de Mario Giordano. Ces deux oeuvres sont des exagérations de ce qui s'est vraiment produit dans l'expérience de Stanford dirigée par Philippe Zimbardo en 1971.

Le but de cette expérience était de montrer que c'est la situation qui définit le comportement et non les traits de personnalité. L'équipe de Zimbardo a sélectionné 18 étudiants stables et matures qui devaient jouer le rôle de gardien de prison ou de prisonnier dans une simulation d'une durée de deux semaines. Le rôle était attribué aléatoirement.
Les gardiens possédaient une matraque, un uniforme, des menottes, des lunettes de soleil et travaillaient en rotation (rentrant chez eux de temps en temps). Ils ne reçurent aucune consigne particulière si ce n'est qu'ils devaient gérer la prison et qu'ils ne devaient pas avoir recourt à la violence physique. Au contraire, les prisonniers subirent une simulation d'arrestation à leur domicile (avec une procédure de fichage), amenés à la prison menottés pour vivre dans des cellules vêtus uniquement d'une chemise de nuit (sans sous-vêtement) et de tongs, renforçant ainsi l'inconfort et du même fait, la désorientation. Ils portaient une chaîne aux pieds et n'étaient appelés que par leur numéro ce qui créa une certaine déshumanisation.
Le premier jour fut calme. Une émeute se déclencha le second. Le soir, les gardiens se portèrent tous volontaires pour des heures supplémentaires afin de mater les prisonniers en les attaquant avec des extincteurs. Rapidement, ils montèrent les prisonniers les uns contre les autres en créant une bonne et une mauvaise cellule où les prisonniers devaient dormir sans matelas et sans vêtement. Le comptage du matin devint une épreuve durant laquelle les gardiens tourmentaient les prisonniers avec des humiliations verbales ou des exercices physiques. L’accès à la douche devint un privilège rarement donné. Certains prisonniers durent même nettoyer les toilettes à mains nues. Pensant que les caméras étaient éteintes la nuit, un tiers des gardiens présentaient à ce moment là des tendances sadiques.

L’équipe proposa une liberté conditionnelle aux prisonniers en échange de l’annulation de leur paye. La plupart des prisonniers acceptèrent. Or, ayant totalement intériorisé leur rôle, quand on leur refusait cette libération, ils ne quittèrent pas l’expérience. Ils développèrent des symptômes de dérangement aigus comme des pleurs incontrôlés ou des pensées désordonnées, dont un sujet qui eut un eczéma psychosomatique sur tout le corps. Deux prisonniers furent tellement atteints que Zimbardo dut les remplacer. Un des remplaçants fit rapidement une grève de la faim pour protester contre les traitements des gardes ; il fut isolé dans un placard pendant trois heures. Une cinquantaine d’intervenants pénétrèrent dans la prison mais une seule, Christina Malasch (future épouse de Zimbardo) s’insurgea et demanda à Zimbardo de stopper l’expérience au bout de six jours.


Voici la bande annonce du film :

link

 

 

Cette expérience montre que quand un sujet normal a un support social et institutionnel assuré par une idéologie légitime (ici l’équipe de scientifiques) passe dans un état agentique. Cet état déresponsabilise le sujet et lui ‘‘permet’’ a accomplir des actes cruels sans culpabilité. Cette expérience montre aussi que c’est la situation (de jeu de rôle ici) qui détermine les comportements, notamment agressifs, et non pas des dispositions génétiques (comme le pensent encore certains politiques).

 

Cette expérience ressemble fortement à l’expérience de Milgram (qui fut au lycée avec Zimbardo) dont je parlerais dans un autre article. Mais, contrairement à l’expérience de Milgram, l’expérience de Stanford ne fait pas l’unanimité car elle pose un problème de reproductivité et donc de généralisation. Mais je pense qu’elle doit tout de même nous pousser à réflechir.

Par Mystik33 - Publié dans : Psychologie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus