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Samedi 4 avril 6 04 /04 /Avr 21:53

Aujourd’hui, je suis allée au musée d’orsay avec mon copain et on est tombés sur un tableau de Courbet (l’atelier du peintre) représentant d’un côté la cour des miracles et de l’autre, les lumières. Mon copain pensait que la Cour des miracles avait un rapport avec la religion alors que je pensais que c’était un repère des gitans. De ce fait, je me suis renseignée.

 

Sous l’Ancien régime, il existait des quartiers de non-droit de Paris qui recelaient de mendiants et de vagabonds que l’on nommait ‘‘La Cour des Miracles’’. Les provinciaux qui venaient y trouver du travail en vain ou les miséreux de Paris s’y rejoignaient. La plupart des grandes villes en contenait mais Paris en possédait douze : rue du Bac, rue de la Mortellerie (cour Brissel), cour de la Jussienne, rue de Reuilly, rue des Tournelles, rue de l’Échelle, deux autres près de la porte Saint-Denis et la Grande Cour des Miracles au Fief d’Alby (rue du Caire). Cette dernière est la plus connue notamment grâce à Victor Hugo dans Notre Dame de Paris mais surtout par les descriptions de l’historien Henri Sauval. Ce dernier la décrivit comme un monde sociétal à part entière. Les mendiants membres de l’Argot (la corporation des gueux) choisirent un roi nommé le Grand Coësre qui commandait les cagous (les lieutenants du roi argotier dans les provinces), qui instruisaient les nouveaux mendiants. Des lois et une langue furent établies. Les argotiers comprenaient différents rangs : Les narquois (faux soldats), les rifodés (fausses victimes du feu du ciel), les malingreux  (faux malades), les francs mitoux (faux épileptiques), les piètres (faux estropiés), les marfaux (proxénètes ; aujourd’hui, les maquereaux), les mercandiers (faux marchands ruinés), les capons (mendiant dans les lieux de rassemblement, les courtauds de Boutange (mendiants de l’hiver), les millards (voleurs de provisions), les orphelins (jeunes garçons tremblant de froid), les hubains (faux anciens porteurs de la rage), les prostituées, le ragot (chef de la pègre), le grand Coësre (chef de la pègre), les cagoux (lieutenants du chef), les coquillards (faux pèlerins arborant une coquille Saint Jacques). Chacun de ces individus pouvaient en plus être coupeur de bourse à condition d’avoir exécuté deux chefs d’œuvres devant les Maitres. Ainsi, il doit couper une bourse attachée à des grelots sans les faire sonner ; après avoir été endurci sous les coups, il doit voler une bourse pendante dans un lieu public où on a prévenu la gente du futur crime.

La Cour des Miracles était un endroit dangereux que les soldats n’osaient pas approcher. Quand, en 1630, Louis XIII ordonna la construction d’une nouvelle rue la transperçant de part en part, les maçons furent tous assassinés ce qui annula le projet. Ainsi, la Cour des Miracles devint au fil du temps une société secrète dangereuse pour le pouvoir royal. A partir de 1656, le lieutenant-général de police  Gabriel Nicolas de la Reynie fut chargé de la détruire. 60 000 mendiants et faux estropiés furent envoyés aux galères et marqués au fer rouge. En 1660, la Cour fut encerclée et due être évacuée dans l’heure sans qu’aucune affaire ne soit emportée. Le dernier à partir serait pendu. Il s’avéra que ce fut un véritable estropié, vieillard boiteux. Cependant, les voleurs et mendiants reprirent progressivement possession des lieux mais les toutes les masures du fief d’Alby furent détruites en 1784 pour qu’un marché y fut établit et la Cour des Miracles disparut définitivement.

Par Mystik33 - Publié dans : Histoire
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Commentaires

Il faudrait vérifier les dates : La charge de Lieutenant de police de paris a été créée par l'édit de Saint-Germain-en-Laye le 15 mars 1667. L'évacuation de la Grande Cour des miracles date de 1668. La Reynie n'a pas dit que "le dernier sera pendu", mais "les 12 derniers seront pendus".
Commentaire n°1 posté par Resdulac le 30/04/2010 à 09h26
La Grande Cour des miracles abritait "cinq-cent familles" (Sauval, Histoire et recherche des Antiquités de la ville de Paris, 1660), donc moins de 5.000 adultes. Le chiffre de 60.000 galériens se rapporte au total des 30 années de fonction de La Reynie ... et il est certainement très exagéré !
Commentaire n°2 posté par Resdulac le 30/04/2010 à 09h31
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