Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Profil

Catégories

Rechercher

Recommander

Vendredi 10 avril 2009

Beaucoup de monde, je pense (bien que ce ne soit pas sûr du tout), sait que le terme de sadisme vient de l’écrivain qui avait des pratiques sexuelles sadiques, le marquis de Sade. Mais qui était-il ? J’avoue que je ne le savais pas vraiment jusqu’à aujourd’hui.

Donatien Alphonse François est né à Paris le 2 juin 1740. Durant sa jeunesse, il admira son père et ignora sa mère (qui finit par se retirer dans un couvent). Jean Baptiste François Sade fut le premier de la famille à entrer dans la Cour. C’était un homme libertin qui ne comptait plus ses conquêtes (même une sœur du prince de Condé). Il eut de nombreux postes à responsabilité jusqu’à son attaque de la maitresse du Roi qui le discréditera aux yeux de celui-ci. Donatien a grandi dans l’idée qu’il était d’une race supérieure ce qui développa sa violence. Il reconnu lui-même par la suite que le monde semblait être là pour satisfaire ses caprices. Dès dix ans, il entre dans la plus chère école de Paris où se déroulaient des représentations théâtrales. Dès ses quatorze ans, il est accepté dans l’École des chevau-légers de la garde du roi. Il gagna plusieurs grades et participa à la guerre de sept ans contre la Prusse. Mais il avait déjà une mauvaise réputation : on disait qu’il était joueur et débauché car il fréquentait les théâtres et les bordels. Il voulait se marier avec Laure de Lauris-Castellane dont il était amoureux fou mais il épousa finalement Renée-Pélagie Cordier de Montreuil. Leur mariage créa une certaine amitié mais Sade a plusieurs vies. Déjà avant la mort de son père, en 1764, la police commençait à le surveiller. Il eut trois enfants, deux garçons et une fille.

Trois mois après son mariage, il'affaire Arcueil fait du grabuge. Il utilise Rose Keller, une veuve mendiante pour la fouetter et se faire fouetter en retour en plus de pratiques blasphématoires (pour avoir plus de détails sur l'affaire Arcueil : link). Il est incarcéré mais la plaignante reçoit de l’argent et ses relations font qu’il est rapidement libéré mais doit retourner en Provence. Sa carrière militaire se limita car les capitaines refusaient de lui laisser le commandement ; il revendit donc sa charge de commandant. Peu après la naissance de sa fille, il eut une liaison violente et passionnée avec sa belle-sœur de dix-neuf ans, Anne-Prospère. Elle lui jura fidélité et scellait ses lettres avec son propre sang.

Il s’endetta en restaurant ses châteaux et en créant des théâtres ainsi que des représentations dans ceux-ci. Mais cela permet au monde de voir que c’est un homme élégant et charmant. Or, en 1772, l’affaire de Marseille éclate (pour avoir plus d'informations sur La Grande Affaire : link). Il propose à ses quatre partenaires sexuelles des pastilles à la cantharide, aphrodisiaque considéré par l’opinion comme un poison. Deux des filles se croient empoisonnées et les deux autres sont malades. Le valet participa aux ébats sexuels ce qui condamna Sade et son valet de peine de mort pour cause de sodomie et d’empoisonnement. Mais Sade s’enfuit en Italie avec sa belle-sœur mais ils se séparent suite à une infidélité de Sade. Il est à nouveau arrêté mais sa femme paye des gardiens pour le faire évader. Il finit par repartir en Italie. Il enlève de très jeunes filles qu’il engage comme domestiques qui finiront par subir à leur tour la violence de Sade, portant des marques du canif de ce-dernier. Un des pères de ces filles tenta de l’assassiner ce qui le poussa à se rendre à Paris. Cette initiative lui évita l’exécution mais il fut enfermé au château de Vincennes. Il a trente-huit ans et restera onze ans enfermé (transféré à la Bastille), renonçant à changer ses habitudes sexuelles. Il se bat en prison et envoie des lettres injurieuses à sa belle-mère et à sa fille. Pensant sa libération impossible, il se met à écrire. Sa première et majeure œuvre sera Cent vingt journées de Sodome (qui semble être la description de ce qui se produisit avec les jeunes domestiques : pour le lire link), un catalogue de perversités. Un jour, il cria par la fenêtre que l’on assassinait tous les détenus de la Bastille ce qui lui valut un transfert dans un hospice pour malades mentaux. Il est libéré le 2 avril 1790 par l’abolition des lettres de cachet. Il s’installe à Paris. A sa sortie à cinquante ans, sa femme divorce. Il rencontre une comédienne de trente-trois ans, Marie-Constance Quesnet, qui ne le quitte plus jusqu’à sa mort. Malgré ce qu’il avait prétendu, il décida de laisser sa perversité s’exprimer uniquement dans son écriture. Il prend des positions extrêmes en matière de déchristianisation mais au moment où Robespierre désapprouva ce mouvement. Il est emprisonné et sera condamné à mort par Fouquier-Tinville mais il parvient à s’échapper pendant la chute de Robespierre. Les pots de vin de son amante lui permirent d’échapper à la guillotine. Il embaucha des ouvriers clandestins pour combler ses dettes et continue à écrire sous divers pseudonymes. Il est accusé d’avoir écrit Justine ou les Malheurs de la vertu (en voici un extrait : link), le premier volume du feuilleton de Justine qui scandalise et effraie car il marque un certain renversement des valeurs. Le monde littéraire le rejette en bloc mais de là part la mythologie sadienne. Le 6 mars 1801, une descente est faite chez son éditeur et Sade est interné de manière totalement arbitraire. Son attitude le pousse à deux transferts, dont le dernier dans un asile psychiatrique, pour cause de démence libertine. Il devint ami avec le directeur de l’établissement avec qui il organisa des représentations théâtrales. Malgré le fait que tous ses ouvrages scabreux furent saisis, il jouissait d’un certain luxe. Son amante, se faisant passer pour sa fille, vint même occuper la chambre adjacente. Il meurt le 2 décembre 1814 à l’hôpital.

Et le masochisme alors… ?

Leopold von Sacher-Masoch fut un écrivain autrichien du XIXe siècle duquel Richard Freiherr von Krafft-Ebing (dans son ouvrage Psychopathia Sexualis) emprunta le nom pour décrire la perversion de type masochiste.

Dès sa naissance, Leopold est confié à une nourrice ukrainienne car sa mère n’était pas en capacité de le nourrir. Il obtint un doctorat en droit puis étudia l’histoire. Il eut une liaison de 4 ans avec Madame Kottowitz qui le quitta pour un autre homme lui inspirant la femme séparée et d’autres nouvelles. En 1869, il fait la connaissance de Fanny Pistor dont il s'engage à exécuter tous les ordres et désirs pendant six mois. Ils partent ensemble en Italie pour tester cet engagement mais il revint seul en Autriche. Il finit d’écrire La Vénus à la fourrure dont l’héroïne, Wanda semble se matérialiser dans sa vie. Effectivement, il rencontre Aurora Rûmelin qui deviendra sa femme et qu’il nomma rapidement Wanda, avec laquelle il eut un fils. Ils s’écrivirent des contrats dans lesquels Leopold s’engage ‘‘à être l'esclave de Mme Wanda de Dunajew, tout à fait comme elle le demande, et à me soumettre sans résistance à tout ce qu'elle m'imposera’’. Petit à petit, le mariage se délite et Wanda, ne parvenant plus à tenir son rôle, le quitte pour vivre avec un journaliste du Figaro. Leur fils meurt et ils divorcent peu de temps après. Il part à Paris où il reçoit la Légion d’honneur et finit sa vie auprès de Hulda Meister, sa nouvelle femme, avec laquelle il a eu deux filles (Olga et Marfa) et un fils (Ramon). Son œuvre met souvent en scène une femme sadique comme dans Eau de jouvence qui relate l’histoire d’une sanglante comtesse, ou son chef d’œuvre La Vénus à la fourrure véritable confessions dans lesquelles le héro se met au service d’une femme qui le maltraite et l’humilie à sa demande. (D’ailleurs, ces passages sont très instructifs car ils décrivent des scènes typiques des perversions masochistes.) A la fin du roman, l’ami du héro lance à son ami une réplique assez significative : ‘‘La femme, telle que la nature l'a faite, et telle qu'elle attire l'homme de nos jours, est son ennemie et ne saurait être que son esclave ou bien son tyran, mais jamais sa compagne. Cela, elle ne pourra l'être que lorsqu'elle sera son égale en droits, son égale aussi par son éducation et par son travail.’’

Par Mystik33 - Publié dans : Histoire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus