Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Profil

Catégories

Rechercher

Recommander

Lundi 11 mai 2009


Les victimes des pestes noires, des épidémies, des famines, de toutes les guerres passées depuis le moyen-âge reposaient dans les différents cimetières de Paris affiliés à une église et ce, depuis près de dix siècles. Les cadavres étaient entassés dans les charniers des églises s'élevant sur plusieurs étages. Chaque jour de nouveaux cadavres s'ajoutent aux précédents. Eglises et cimetières sont de vastes champs boueux où se côtoient mendiants, vendeurs, saltimbanques et prostituées. On creuse des fosses, on dépose les morts derrière des murs d'enceinte, et chaque jour les risques d'épidémie grandissent. Paris déborde sous ses morts, l'odeur y est insoutenable, même le pain et l'eau sont contaminés par la putréfaction, et tous les rapports de salubrité publique sont alarmants. Le peuple se plaint et les médecins s’accordent avec lui mais rien n’y fait, malgré les certificats d’inspection.

Le 30 mai 1780, le mur du sous-sol d’un restaurateur vivant proche du cimetière des Innocents. Des ossements et des cadavres en putréfaction vont se déferler chez lui. Le bâtiment est totalement contaminé, les murs suintent et on rapporte que par le simple contact sur l'un de ses murs, un maçon qui y avait posé la main contractera la gangrène quelques jours plus tard. Il en va ainsi de toutes les maisons et rues avoisinantes. A la suite de cet incident, le parlement va décréter le 4 septembre 1780 la fermeture du cimetière des innocents. Décision qui, pendant cinq ans, restera sans plus d'effet que l'accumulation d'autres corps dans les cimetières avoisinants. Le lieutenant de police Lenoir lança l’idée d’utiliser les anciennes carrières souterraines pour y entreposer les ossements. Le Conseil d'État, par arrêt du 9 novembre 1785, prononça la suppression et l'évacuation du cimetière des Innocents. Ce sont d'anciennes carrières qui furent choisies pour déposer les ossements.

Après la bénédiction et la consécration du lieu le 7 avril 1786, les ossements commencèrent à être transférés et ce, toujours à la tombée de la nuit et selon un cérémonial constitué d'une procession de prêtres qui chantaient l'office des morts le long du trajet emprunté par les tombereaux chargés d'ossements et recouverts d'un voile noir. Au fil des ans, cela ne devint qu’une routine. Les ossements seront déversés dans des puits, charriés à la pelle, déplacés par des chariots de bois, puis entassés et classés par genre, pour être enfin empilés, et rangés.  

Par la suite, ce site allait, jusqu'en 1814, recueillir les ossements de tous les cimetières de Paris.

Dès leur création, les catacombes suscitèrent une réelle curiosité. Plusieurs personnalités s’y rendirent pour les visiter : Charles X et des dames de la cour, Madame de Polignac et Madame de Guiche, François 1er, Napoléon III et son fils.

C’est le vicomte de Thury, inspecteur général des carrières, qui fut chargé d’organiser le décorum des catacombes. Effectivement, on retrouve tout au long du parcours, des citations philosophiques ayant trait à la mort ou au souvenir. Dans les catacombes, on retrouve les ossements de personnages illustres comme Rabelais, Mansart, Charles Perrault, Jean Baptiste Lully, Danton, Robespierre, Colbert, Molière.

Aujourd’hui, s’étendent, sur 1,7 km, les ossements de six millions de parisiens dans ce que l’on considère comme la plus grande nécropole du monde.

 

L’entrée des catacombes de Paris est accessible face à la statue du lion du quartier Denfert-Rochereau. Elles sont ouvertes du mardi au dimanche de 10h à 17h (dernière entrée à 16h). La visite dure environs 1h car il faut parcourir 2km avec une centaine de marches à descendre, puis à monter. Vous pouvez prendre des photos mais sans flash pour éviter d’abîmer le patrimoine. L’ambiance est lugubre et on s’attend à voir débouler des rats à chaque instant. C’est une visite très originale.

Le tarif plein est assez excessif (8euros), mais si vous bénéficiez d’un tarif réduit (4euros), cela vaut le coup d’œil.


Par Mystik33 - Publié dans : Histoire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus