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Psychologie

Lundi 30 mars 2009

Durant ma L2 de psychologie, on m'a parlé brièvement d'une expérience réalisée dans une prison qui a due être avortée. Le 28 Mars 2009, j'ai enfin vu le film ''L'expérience'' de Oliver Hirschbiegel. Ce film est une adaptation du livre "The Experiment - Black Box" de Mario Giordano. Ces deux oeuvres sont des exagérations de ce qui s'est vraiment produit dans l'expérience de Stanford dirigée par Philippe Zimbardo en 1971.

Le but de cette expérience était de montrer que c'est la situation qui définit le comportement et non les traits de personnalité. L'équipe de Zimbardo a sélectionné 18 étudiants stables et matures qui devaient jouer le rôle de gardien de prison ou de prisonnier dans une simulation d'une durée de deux semaines. Le rôle était attribué aléatoirement.
Les gardiens possédaient une matraque, un uniforme, des menottes, des lunettes de soleil et travaillaient en rotation (rentrant chez eux de temps en temps). Ils ne reçurent aucune consigne particulière si ce n'est qu'ils devaient gérer la prison et qu'ils ne devaient pas avoir recourt à la violence physique. Au contraire, les prisonniers subirent une simulation d'arrestation à leur domicile (avec une procédure de fichage), amenés à la prison menottés pour vivre dans des cellules vêtus uniquement d'une chemise de nuit (sans sous-vêtement) et de tongs, renforçant ainsi l'inconfort et du même fait, la désorientation. Ils portaient une chaîne aux pieds et n'étaient appelés que par leur numéro ce qui créa une certaine déshumanisation.
Le premier jour fut calme. Une émeute se déclencha le second. Le soir, les gardiens se portèrent tous volontaires pour des heures supplémentaires afin de mater les prisonniers en les attaquant avec des extincteurs. Rapidement, ils montèrent les prisonniers les uns contre les autres en créant une bonne et une mauvaise cellule où les prisonniers devaient dormir sans matelas et sans vêtement. Le comptage du matin devint une épreuve durant laquelle les gardiens tourmentaient les prisonniers avec des humiliations verbales ou des exercices physiques. L’accès à la douche devint un privilège rarement donné. Certains prisonniers durent même nettoyer les toilettes à mains nues. Pensant que les caméras étaient éteintes la nuit, un tiers des gardiens présentaient à ce moment là des tendances sadiques.

L’équipe proposa une liberté conditionnelle aux prisonniers en échange de l’annulation de leur paye. La plupart des prisonniers acceptèrent. Or, ayant totalement intériorisé leur rôle, quand on leur refusait cette libération, ils ne quittèrent pas l’expérience. Ils développèrent des symptômes de dérangement aigus comme des pleurs incontrôlés ou des pensées désordonnées, dont un sujet qui eut un eczéma psychosomatique sur tout le corps. Deux prisonniers furent tellement atteints que Zimbardo dut les remplacer. Un des remplaçants fit rapidement une grève de la faim pour protester contre les traitements des gardes ; il fut isolé dans un placard pendant trois heures. Une cinquantaine d’intervenants pénétrèrent dans la prison mais une seule, Christina Malasch (future épouse de Zimbardo) s’insurgea et demanda à Zimbardo de stopper l’expérience au bout de six jours.


Voici la bande annonce du film :

link

 

 

Cette expérience montre que quand un sujet normal a un support social et institutionnel assuré par une idéologie légitime (ici l’équipe de scientifiques) passe dans un état agentique. Cet état déresponsabilise le sujet et lui ‘‘permet’’ a accomplir des actes cruels sans culpabilité. Cette expérience montre aussi que c’est la situation (de jeu de rôle ici) qui détermine les comportements, notamment agressifs, et non pas des dispositions génétiques (comme le pensent encore certains politiques).

 

Cette expérience ressemble fortement à l’expérience de Milgram (qui fut au lycée avec Zimbardo) dont je parlerais dans un autre article. Mais, contrairement à l’expérience de Milgram, l’expérience de Stanford ne fait pas l’unanimité car elle pose un problème de reproductivité et donc de généralisation. Mais je pense qu’elle doit tout de même nous pousser à réflechir.

Par Mystik33
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Jeudi 6 novembre 2008

Le crime passionnel se définit par une perte de contrôle passagère qui pousse au meurtre par jalousie ou par passion. En France, il est moins gravement punis que les autres types de meurtres.
Ce qui est assez frappant avec le crime passionnel c'est qu'il est majoritairement masculin (dans plus de trois quarts des cas) et ce, depuis le XIXe siècle où les affaires de crimes passionnels sont dus à des hommes dans 82% des cas. On peut sûrement expliquer cela par la différence de problématique qui sous-tend l'acte. Pour les femmes, cela représente souvent une manière de se détacher d'une relation destructrice ou tyrannique ; c'est une façon de se débarrasser d'un homme insupportable. Pour les hommes en revanche, c'est parce qu'ils ne supportent pas de perdre leur femme alors qu'ils ont une représentation du couple fondée sur l'indissobulité du mariage et sur un contrôle de la femme s'exerçant au-delà de la rupture. Effectivement, si une femme quitte son mari, il ne se demande pas pourquoi mais pour qui, comme s'il ne pouvait être en aucun cas responsable d'une défaillance dans le couple.
Il faut quand même relever que ce qui prime le plus dans le crime passionnel, c'est la nature de la relation entre les deux individus. La passion se manifeste par un lien fusionnel : le Moi de l'un se noie dans le Moi de l'autre. Quand l'autre lui échappe, c'est comme s'il perdait une partie quasi physique de lui-même.
Il existe aussi des divorces passionnels basés sur une relation fusionnelle. D'ailleurs, les femmes privilégient le divorce et les hommes, le crime. D'ailleurs, pour une femme, prendre cette décision est encore une prise de risque considérable car la rupture est souvent un élément déclencheur du crime passionnel.
Le crime passionnel se rapproche du crime d'honneur. Car dans les deux cas, la femme est considérée comme une propriété de l'homme mais dans un ensemble familial ; cela revient au même car c'est toujours l'honneur d'un homme qui est bafoué par une transgression féminine et qui pousse au meurtre. L'adultère est un déclencheur dans 53% des cas. Ce qui est le plus choquant, c'est que quand la femme a réellement trompé son mari, les jurys d'assise sont plus indulgents. L'homme jaloux est compris et excusé.
Par Mystik33
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Jeudi 6 novembre 2008

Le deuil est un travail très difficile à accomplir. Comment accepter de perdre quelqu'un que l'on aime et dont on a besoin pour évoluer jour après jour. Alors comment se passe t-il pour un enfant ? D'autant plus que les enfants sont fréquemment écartés des rituels de deuil soi-disant pour les protéger du chagrin alors que ça les plonge seulement dans un silence où leurs questions ne peuvent pas être entendues.
Chez les enfants, la notion de la mort se développe lentement. Vers 3-4 ans, avec l'acquisition du langage, il commence à avoir des visions d'animaux frappés d'immobilité et il associe alors la mort au sommeil ; elle n'est donc pas perçue comme irréversible. La mort d'un proche est à ce moment-là considérée comme une séparation qui tend à se prolonger c'est ce qui explique pourquoi les enfants continuent à parler à la personne disparue comme si elle n'était jamais partie. Autour de six ans, apparait la notion du fantôme (figure symbolique entre la vie et la mort). C'est un stade intermédiaire qui va mener l'enfant à comprendre que la mort est irréversible. C'est à 7ans que cela se produit et c'est un moment très dur à affronter pour l'enfant. Il comprend alors que c'est inexorable, que ça finira par le toucher à lui aussi et que c'est la vieillesse qui l'explique. C'est quand il commence à appréhender le principe de la reproduction qu'il comprend la nécessité biologique de la mort. A ce moment-là, cela peut provoquer soit aucune angoisse, soit des conduites régressives pour éviter de vieillir. En revanche, ce n'est qu'à 10ans qu'il comprend que la mort peut survenir à n'importe quel moment. Cela s'accompagne souvent de deux phobies quasi universelles : la peur d'être enterré vivant et la peur de décomposition par les vers.
Le chagrin de l'enfant pendant le deuil peut s'exprimer de différentes façons : les troubles du sommeil, les conduites régressives (en restant collé à ses parents, il a l'impression qu'il pourra les protéger), l'agressivité (qui n'apparaît pas au début comme pour protéger ses parents qui souffrent puis la tension doit inexorablement sortir soit sur lui-même soit sur les autres), les somatisations qui sont toujours l'expression d'une angoisse latente et les troubles scolaires qui peuvent se prolonger longtemps après le décès, marqués essentiellement par une inattention et des troubles de la mémorisation (est-ce trop douloureux de se souvenir ? est-ce parce que parler du disparu est tabou ? est-ce parce que c'est trop dur de mettre des mots sur la douleur ?)
Pour aider un enfant à faire son deuil le plus correctement possible (car ce sera dans tous les cas très difficile pour lui et il faudrait une prise en charge thérapeutique plus systématique), il faut prendre en compte les trois dimensions essentielles du deuil à savoir la reconnaissance de la réalité, la remémoration et les sentiments de culpabilité. Pendant longtemps, la réalité de l'enfant est la conséquence directe de ses désirs (car les parents pallient aux désirs de l'enfant), en plus, s'il est dans une phase de conception de la mort comme réversible, cela repoussera un temps la reconnaissance de la perte. Pour l'aider à avancer dans son travail de deuil, il faut lui dire la vérité sans passer par quatre chemins et lui proposer de participer aux rituels de en lui expliquant ce qu'il verra ; cela lui permettra de mieux appréhender la réalité de la mort et de mettre des mots sur ses affects. Il saura ainsi qu'il peut parler librement du disparu et c'est un réel soulagement. Evoquer le disparu c'est comme le prolonger en nous, l'idéaliser et cela permet de lutter contre les sentiments de culpabilité. Pendant un moment, garder une relation vivante avec le disparu permet de supporter l'absence mais au fur et à mesure, il faut que cela soit remplacé par une idéalisation. Pour cela, il ne faut pas hésiter à évoquer les souvenirs de façon naturelle (mais respectueuse), lui montrer qu'il n'y a pas d'interdit. Les sentiments de culpabilité, qu'entraine tout deuil, sont rarement exprimés chez l'enfant exceptés dans les rêves, les troubles de comportement, la dépression ou les attitudes d'échecs qu'il peut manifester. Plus l'enfant a besoin d'amour, plus ces sentiments de culpabilités seront puissants et peuvent même être refoulés ou devenir des comportements d'agression envers soi-même. Dans l'enfance, nous connaissons tous une période de pensée magique (durant laquelle nous pensons que nous pouvons contrôler notre environnement par la pensée) et cela peut pousser l'enfant à penser que ce qui s'est produit autour de lui est de sa faute. La rivalité œdipienne qui le fait souhaiter la disparition du parent rival peut évidemment provoquer un sentiment intense de culpabilité (il peut même considérer cette situation comme une punition à ces désirs incestueux).
Pour beaucoup, le travail de deuil ne se terminera vraiment qu'à l'âge adulte à l'occasion d'un évènement qui fera ressurgir les affects jusque là refoulés (rupture, autre deuil...) où il pourra vraiment mentaliser cette perte et se reconstruire au-dessus d'elle.

Bon...J'espère que je ne vous ai pas trop déprimé. Mais je trouve que c'est important de connaître le fonctionnement des enfants et cela peut toujours aidé quand on a à faire à un enfant qui doit affronter un deuil si l'on sait ce qu'il ressent et comment il faut s'y prendre avec lui. J'espère que je ne me serais pas démenée à écrire cette article pour rien (j'espère que quelques personnes ne seront pas effrayés par la longueur et le liront et l'apprécieront pour ce qu'il est : un article écris par une modeste étudiante en psychologie).
Par Mystik33
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